
Cette exposition de Laure Hinckel nous emmène à la découverte de figures monumentales qu’elle imagine de nommer « Châteaux de Beauce ». Les appeler « Cathédrales » eut été faire injure à celle qui domine la plaine.
Ses recherches sur la monumentalité et son histoire familiale lui font parcourir la France, de la Lorraine aux régions du Sud puis en Beauce, terre d’adoption depuis des générations.
Comme Don Quichotte face aux moulins à vent, armée de son objectif, elle affronte ces silos, symboles de richesses, de prestige, de pouvoir, greniers à grains de la France. Elle les observe de loin, s’en approche, les scrute, ils semblent la dominer de leur hauteur impressionnante comme si soudain des seigneurs allaient en surgir.
Puis au milieu de ces châteaux de tôle, d’acier, de ciment apparaissent des meules de paille entassées tels des remparts au pouvoir, châteaux de paille, souvenirs de jeux d’enfants.
Découvrir ces photos, c’est aller à la rencontre d’une autre Beauce.
Ses Châteaux nous rappellent aussi que
Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre
Un réservoir sans fin pour l’âme solitaire…
Françoise Wasserman
Conservatrice générale honoraire du patrimoine
Il se passe beaucoup de choses, quand il ne se passe rien.
Les gens attendent, observent, peut-être. Ils travaillent en pensant à autre chose ou passent, plongés dans leurs rêveries heureuses ou leurs pensées noires. Les choses sont, résistent, s’opposent ou se décrépissent. Parfois, l’être humain, être modificateur et dansant, agite l’espace, l’habite d’un regard ou d’un geste. Le monde est une forêt de visages.







